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Introduction : quand l’autocontrôle lâche…

La semaine dernière, je promenais Mia en ville. D’un seul coup, je la vois se réduire, regard fixe. Je tourne la tête : un chat, pétrifié, qui essaie de faire le dos rond pour l’impressionner. Normalement, tout va bien : Mia sait ce qu’elle a à faire. Et pourtant, erreur : elle tire sur la laisse, le chat panique et se cache sous une voiture.

Plutôt que de m’énerver, j’ai décidé de vous en parler : comment réagir lorsqu’un chien n’arrive pas à se contrôler ? Pourquoi, dans ce cas précis, Mia n’a pas géré son autocontrôle ? Et surtout : comment transformer ce type d’événement en opportunité d’apprentissage. En fin d’article, je vous montre des exercices d’autocontrôle chien faciles à pratiquer.

D’abord, notre posture de maître

On revient tout juste de la montagne, et j’ai décidé d’en profiter pour faire cette petite vidéo afin de redémarrer ensemble. Il est impossible de parler d’autocontrôle chien sans évoquer aussi nos émotions.

Dans cette situation, j’ai ressenti de la colère et de la déception. Nous avons beaucoup travaillé, et pourtant, si Mia n’avait pas été en laisse, elle aurait pu courir après le chat. Ces émotions sont normales, mais elles peuvent être dangereuses. Un chien n’est pas un robot. Il fait des erreurs, et c’est prévisible : humeur du jour, centres d’intérêt, niveau d’énergie… D’un jour à l’autre, la réaction peut changer.

Comme on ne contrôle pas 100 % de son comportement, on contrôle notre réaction : rester calme, et convertir l’erreur en apprentissage.

Pourquoi un chien « craque » ? (le cas de Mia)

J’ai fait mon introspection. Pourquoi Mia a-t-elle réagi ainsi alors que, 99 % du temps, elle ne le fait pas ?

  • Niveau d’énergie élevé : on était en canicule dans le Var, promenades plus courtes, moins de stimulations. C’est le cas également si votre chien est seul toute la journée. 

     

  • Timing : le matin, je n’avais pas pu la sortir la veille au soir.

  • Surprise : le chat se trouvait à 1,5 m de nous, impossible de préparer.

C’est un signal d’alarme : quand l’énergie est haute et la stimulation forte, l’autocontrôle peut lâcher.

Quand tout est « gratuit », l’autocontrôle n’existe pas

Au quotidien, beaucoup de chiens obtiennent ce qu’ils veulent sans contrepartie : miettes à table, friandises offertes « pour rien », accès direct aux congénères pendant la promenade. Résultat : ils ne connaissent pas la frustration, donc ne savent pas la gérer. Au premier gros stimulus, ils débordent.

Conséquences : danger pour vous (chute si le chien tire), danger pour lui (fuite, route…), confiance qui baisse et chien moins lâché, donc moins stimulé… Le cercle vicieux s’installe.

Ma règle simple : presque rien n’est gratuit

Avec Mia, 99 % du temps, rien n’est gratuit. Avant une friandise, je demande au moins une commande. L’idée : ancrer « je me contrôle → j’obtiens ».

Vous pouvez aussi récompenser « gratuitement », tout en travaillant l’autocontrôle.

Exercice facile : attendre avant de prendre la friandise

Je pose la friandise devant elle, sans qu’elle la prenne tout de suite. Si elle tente, je rappelle la règle. Quand elle attend, je valide (bravo) puis je donne. Avec des morceaux de viande, c’est plus appétant donc plus formateur.

Exercice de la porte (sans parler)

Le matin, je n’ouvre pas la porte immédiatement. J’attends qu’elle s’assoie. J’ouvre, on attend le signal, puis on sort. Sans aucune commande verbale, on entraîne autocontrôle et gestion de la frustration.

Transformer l’erreur en apprentissage : mon protocole

Quand Mia se trompe (et ça arrive), j’applique toujours le même schéma :

  1. Mettre mes émotions de côté : rester stoïque pour garder des actions lisibles pour le chien.

  2. Notifier l’erreur : un marqueur négatif (chez moi « cheat ») pour indiquer que le comportement n’est pas adéquat (ex. tirer vers le chat).

  3. Recapter l’attention : j’emploie la commande « marche » pour que Mia colle au pas. Son attention revient sur moi ; le stimulus passe au second plan.

À ce stade, la première manche est gagnée.

Désensibilisation : retravailler à distance du stimulus

On revient ensuite vers le chat à distance suffisante pour sa sécurité et la nôtre. Je travaille des commandes simples (assis, coucher, au pied) en m’approchant progressivement. On désensibilise et on muscle l’autocontrôle chien.

Au final, j’ai transformé une mauvaise scène en séance utile : Mia a travaillé proche du stimulus sans réagir. La prochaine fois, les chances d’une meilleure gestion augmentent.

S’entraîner même sans « vrai » stimulus

Vous me demandez souvent : « Et si le stimulus n’est pas là ? » On crée la situation pour apprendre à renoncer.

Matériel minimal : une corde, une balle, un bâton, un jouet — quelque chose qui déclenche l’envie de jouer.

Je fais bouger le jouet (instinct de poursuite), l’excitation monte… puis on canalise.

Niveau débutant : attendre le signal avant d’aller chercher

Je demande au pied, puis coucher. Je lance le jouet après un « reste ». Variante : je lance pendant qu’elle tient la position. Objectif : tenir jusqu’au signal de libération.

Niveau intermédiaire : deux jouets pour gérer la frustration

Je lance le premier, elle n’y va pas. Je la rappelle au pied, puis « va chercher » le deuxième. Elle se contient et est récompensée. Faites-le avec deux balles/frisbees/cordes.

Niveau intermédiaire : revenir au pied en pleine excitation

Je lance, elle part, je rappelle au pied entre deux. On coupe l’élan, elle revient, bravo, puis repars chercher. Idéal pour entraîner un rappel fiable malgré une cible déjà en vue (chien, animal…).

Niveau intermédiaire : ignorer des distractions posées au sol

Je dispose au sol des distractions (jouet, friandises très appétentes). On marche et on passe à côté/au-dessus avec des « tu laisses » si besoin. Je varie positions et distances, puis j’ajoute des pauses couchées proches sans prise : on augmente progressivement la difficulté.

Règles de séance & types de récompenses

Si l’exécution est mauvaise, j’utilise « cheat » (marqueur négatif) — pas de cris. En positif : « bravo », friandises, mais aussi jeu.

Important : toutes les séances de jeu ne doivent pas devenir 100 % éducation. Il faut vraiment jouer ensemble. J’alterne moments libres et moments d’apprentissage, selon son niveau d’énergie et sa personnalité. Jouer fait partie de l’éducation ; ce n’est pas que du contrôle.

Conclusion : constance, patience… et confiance

Je ne me prétends pas spécialiste absolu de l’autocontrôle chien, mais Mia est plutôt équilibrée et ces routines nous aident. Si quelque chose n’est pas clair, dites-le-moi en commentaire. Si votre chien « n’a pas le niveau », ne vous inquiétez pas : il peut progresser et régresser. L’essentiel, ce sont les petites touches quotidiennes qui mènent vers votre objectif commun.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout. On repart en promenade. Au revoir. Bravo Mia !

Ressources complémentaires